Guider ou Accompagner ?

August 30, 2018

 

“On ne peut rien enseigner à autrui. On ne peut que l'aider à le découvrir lui-même.” (Galilée)

Effectivement, l'enseignant « enseigne » c'est à dire qu'il montre des signes, il ne fait que donner des pistes pour que l'apprenant accueille ce qui lui est nécessaire et ce qu'il peut assimiler à ce moment là.

En français, une très mauvais habitude est d'entendre que nous apprenons quelque chose à quelqu'un hors, apprendre est pour celui qui reçoit, (qui prend), pas celui qui donne.

Tu m'enseignes et j'apprends (si je le veux bien sûr!).

 

Quand on travaille dans l'accompagnement « thérapeutique » (ceux qui me connaissent comprendrons l'importance des guillemets pour moi), c'est encore bien plus subtile. La personne vient nous voir pour chercher des réponses, accomplir une évolution, travailler sur elle-même.

C'est là que rentre en compte tout l'art d'accompagner sans guider.

Vous me direz, quelle est la différence ? Eh bien elle est de taille !

Quand j'accompagne, je suis à côté avec bienveillance, je peux être auprès de la personne et vous pouvez imaginer que je place ma main derrière son dos sans la toucher, juste pour lui montrer que le temps que nous sommes ensemble, je suis là si elle titube, si elle flanche ou part à la renverse. Un peu comme lorsque l'on est présent aux premiers pas d'un enfant mais qu'on le laisse faire, même s'il risque de tomber.

J'accompagne la personne mais elle choisit d'aller où elle le souhaite, et je suis là comme un appui temporaire mais je n'ai pas à indiquer la direction, je donne des pistes, des choix, j'ouvre la conscience mais la personne s'appuie sur ces informations pour avancer.

Quand je guide, c'est différent, je me place devant, je montre le chemin, je dis avec plus de précision où aller et d'une certaine façon je lui enlève une part de libre arbitre car elle me fait confiance.

En faisant cela je me place dans un rôle qui n'est pas pleinement « juste » car j'ai beaucoup trop de pouvoir sur la décision de la personne. Et puis qui suis-je moi pour savoir ce qui est vraiment bien pour elle ?

 

Je redis ce que j'ai dit au début, c'est très subtil et cela se passe dans les mots utilisés, dans le ton et même ma position corporelle. Cela va bien au-delà de l'information.

Cela rentre dans le jugement ou non-jugement.

 

Je vous donne un exemple :

Nathalie vient me voir car elle est en conflit avec son mari et elle essaye d'arranger les choses et de comprendre pourquoi.

Lorsqu'elle rentre dans mon cabinet je capte le mot « divorce ».

Nous échangeons et pendant l'écriture de son texte en Communication Quantique®, à aucun moment émerge l'information du « divorce » mais effectivement elle décrit une situation qui ne semble pas avoir de solution. De mon côté le mot continue à résonner dans ma tête mais je sens que cette information qui est présente ne vient pas de son discours à elle* et n'est pas juste et utile pour elle aujourd'hui.

Si j'accompagne, je vais la laisser interpréter son texte, lui laisser dire ce qu'elle y voit et peut-être, si c'est le moment pour elle, si elle est prête, elle verra qu'effectivement cette relation semble à ce moment là avoir touché la fin.

Si je guide je vais l'amener à cette conclusion en lui demandant précisément de relire des passages qui pourraient être plus explicites, et je vais faire cela en me basant sur cette fameuse information.

 

Dans quel cas est-ce juste pour Nathalie ?

 

Si je l'accompagne, je dois la laisser voir ce qu'elle peut entrevoir, car comme pour l'apprenant, toutes les informations doivent arriver au bon moment pour être assimilées.

Allons un peu plus loin : si je l'ai accompagnée, elle aura fait son chemin seule et quand elle reviendra me voir quelques mois plus tard et m'annoncera sa séparation, elle me dira tout de même « je ne voulais pas l'entendre ! » ou bien « je ne l'ai pas compris de suite lors de la séance ».

Ce qui est important c'est qu'elle sente qu'elle a fait son choix sans être influencée.

 

Quand je guide, je prends un risque, je prends le risque de tomber à côté, de ne pas écouter ce que la personne ressent et de faire une lecture de la séance (peu importe la technique) avec mes yeux, mais je ne serai jamais Nathalie ni celui ou celle que j'accompagne. Je serai moi avec mes propres expériences et donc mes propres grilles de lecture.

 

En tant qu'accompagnant, laissez la personne vous dire ce qu'elle ressent, voit, entend, comprend avant d'en faire une interprétation ! Vous n'en serez que meilleur car vous serez dans la justesse de ce dont la personne a besoin à l'instant T.

 

Ne cherchez pas le plein pouvoir, on vous le donnera bien assez vite et parfois bien assez trop !

Soyez conscient que votre présence à un impact puisque c'est vous que la personne est venue voir.

Nous cherchons tous au fond de nous notre accompagnement « alpha », celui où la personne revient plus tard, pour nous dire combien la séance a changé des choses dans sa vie.

Personnellement j'ai eu cette chance, en fait je l'ai même eu plusieurs fois, et je suis heureuse pour ces personnes, mais je continue à me lever tous les matins en pensant à celui ou celle qui va venir et pas à celui d'hier.

 

Soyez-vous même mais ne perdez pas de vue combien ce que vous dites peut avoir de l'influence.

Soyez des accompagnants.

Please reload

Our Recent Posts

Guider ou Accompagner ?

August 30, 2018

Du Psy à "aller vite !"

August 25, 2018

La blessure dorée

August 24, 2018

1/1
Please reload

Tags

Please reload

©2019 by Sophie Quantique

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now